Toute petite déjà, Florence Lemichez dessinait des chevaux. Toute petite déjà, elle se sentait à l'étroit dans l'univers citadin qui était alors le sien, rêvant d'espace, de nature, de grandes chevauchées à travers la campagne bourbonnaise qu'elle aime tant et conjugue à tous les temps… Devenue grande, ses deux passions sont au cœur de sa vie, nourries au fil des années grâce à une force de caractère hors du commun. Car il en faut pour construire son rêve et faire le pari d'en vivre. Mais la facilité n'est pas ce qui la caractérise tant elle met d'exigence et de cohérence dans sa démarche artistique comme dans sa vie. Lorsqu'on la regarde évoluer au milieu de tous ses animaux, une question émerge : est-ce la réalité qui se prolonge dans ses oeuvres ou l'inverse ? Difficile en effet de différencier son art et sa vie, tant les deux sont intimement liés, s'imprègnent, s'influencent l'un l'autre, pour finalement ne faire qu'un. De ses toiles se dégage une force qui nous capte, nous happe, une vraie personnalité, qu'il s'agisse de chevaux, de volailles, de taureaux, de paysages… Car elle les connaît si bien (elle vit à leur contact, les observe, les photographie, les " respire ", les aime…), qu'elle sait en saisir, avec une extrême sensibilité, ce qui en fait l'essence même. Le travail des couleurs et des matières rend l'ensemble plus vivant encore et interpelle, tout comme celui des écritures qui interviennent çà et là, invitant à différentes lectures de l'œuvre : les mots peuvent rester dessins lorsqu'on s'en tient éloigné, puis d'un coup raconter une histoire si l'on s'en rapproche. Mais à s'en tenir trop près, ne perd-on pas l'image ? Et inversement ? C'est un jeu continuel qui invite à s'interroger, à imaginer, à voir plus loin… L'univers artistique de Florence Lemichez est d'une richesse sans fin car pour elle, la notion d'artiste va de pair avec celles de curiosité, de diversité et surtout de liberté. Une liberté dont elle est en quête perpétuelle, loin de tout carcan, de tous cloisonnements culturels, raison pour laquelle la découverte, l'apprentissage permanent lui paraissent essentiels, d'autant plus qu'ils font sans cesse évoluer sa pratique. Ses récentes créations en barbotine issues des ateliers de la Faïencerie de Gien, ou tout dernièrement ses bronzes en sont de superbes exemples. Une technique bien maîtrisée ne suffit pas à faire un artiste. Pour qu'une œuvre " parle ", qu'on entende ce qu'elle a à nous dire, il lui faut un " petit supplément d'âme " qui fait toute la différence, sa différence. Catherine Hoss-Mesli, journaliste.

 

Florence Lemichez vit et travaille à Epeigné-les-Bois (37). Diplômée de l'Ecole nationale supérieure d'arts (ENSA) de Bourges, avec les félicitations du jury, elle expose depuis plus de quinze ans partout en France ainsi qu'à l'étranger.